Knaffeh, kunafa, knefeh : le dessert au fromage qui rassemble le Levant

Introduction

La knaffeh a beaucoup de noms : knaffeh, kunafa, kanafeh, knefeh, künefe. Rien que l’orthographe annonce la couleur : ce dessert voyage beaucoup, et chacun le prononce avec son accent, ses souvenirs et parfois une conviction très ferme.

On le retrouve dans plusieurs régions du Levant et du Moyen-Orient, avec des versions au fromage, à la crème, à la semoule, aux cheveux d’ange, servies chaudes, tièdes ou parfois différemment selon les habitudes. Le point commun : du fondant, du sirop, une couleur dorée, souvent des pistaches, et cette impression que le dessert n’a pas peur d’être généreux.

Chez L’Orient des Délices, la knaffeh n’est pas un dessert permanent à la carte. Mais elle fait partie de ces douceurs orientales que l’on peut évoquer pour un repas de groupe, un brunch ou une demande spéciale, selon disponibilité, délai et organisation.

Dans ce billet

- Pourquoi la knaffeh a autant de noms

- Fromage, crème, semoule ou cheveux d’ange

- Naplouse, Liban, Syrie et variantes régionales

- Avec quoi la déguster

- Ce que la knaffeh apporte dans l’assiette

- Une recette maison franchement exigeante

- Comment en parler pour une demande spéciale

Un dessert, beaucoup de noms

Les transcriptions varient parce que le mot passe d’une langue à l’autre, d’un dialecte à l’autre, d’un alphabet à l’autre. Kunafa, kanafeh, knafeh, knefeh, knaffeh : on parle souvent de la même grande famille, mais pas forcément de la même version.

Dans certaines régions, on pense d’abord à une version au fromage. Ailleurs, à une version à la crème. Certaines utilisent des cheveux d’ange, aussi appelés kadaïf. D’autres utilisent une base de semoule plus fine. Certaines se servent très chaudes, avec le fromage qui file. D’autres sont plus crémeuses, plus douces, plus pâtissières.

C’est un dessert qui ne se laisse pas enfermer facilement. Et honnêtement, vu son caractère, ce n’est pas très étonnant.

Le fromage : le cœur fondant

La version au fromage est l’une des plus spectaculaires. On utilise un fromage doux, peu salé ou dessalé selon les régions, qui fond à la chaleur. Il est pris entre une base croustillante ou granuleuse, puis nappé de sirop parfumé. Au service, la texture doit être chaude, souple, presque filante.

La knaffeh de Naplouse, souvent appelée knaffeh nabulsiyeh, est une version très célèbre associée à la Palestine. Mais il faut rester prudent : la knaffeh ne se limite pas à cette version. Le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Turquie et d’autres régions ont leurs propres formes et habitudes.

Dans un article de cuisine, il est tentant de dire “la vraie knaffeh”. C’est aussi une excellente manière de déclencher une dispute familiale. On évite.

Crème, semoule, kadaïf : les grandes variantes

La pâte kadaïf (turque), en cheveux d’ange, donne une texture croustillante et filée. Elle peut être hachée, beurrée, pressée, cuite, puis imbibée de sirop. La semoule donne une base plus fine, plus compacte, parfois plus douce. La crème, ou ashta selon certaines traditions, apporte une version plus lactée et moins filante que le fromage.

Certaines knaffehs sont orange vif, d’autres dorées, d’autres plus pâles. Certaines sont servies en grandes plaques, d’autres en portions, parfois dans du pain ou en sandwich sucré dans certaines habitudes libanaises. Oui, un dessert au fromage dans du pain. Le Levant aime parfois vérifier si vous êtes bien réveillé.

Dans notre billet sur les baklavas, nous parlons du croustillant feuilleté et du sirop. La knaffeh partage ce goût du sirop, mais elle ajoute le fondant du fromage ou de la crème. Ce n’est pas un détail. C’est presque tout le sujet.

Un dessert de fête, de rue et de grande table

La knaffeh peut être un dessert de fête, un dessert de pâtisserie, un dessert de rue ou un dessert de grande table selon les pays et les moments. Elle se partage bien, surtout quand elle est préparée en grand plateau.

Elle a quelque chose de très théâtral : on coupe, on sert, parfois le fromage file, le sirop brille, les pistaches apparaissent. C’est un dessert qui sait faire son entrée. Pas besoin de musique, même si personne ne l’interdit.

Elle peut aussi trouver sa place dans un brunch oriental ou une grande table sucrée, mais seulement si l’organisation suit. Une bonne knaffeh demande d’être servie au bon moment. Trop tôt, elle fatigue. Trop tard, elle perd son charme. Comme beaucoup de bonnes choses.

Avec quoi déguster la knaffeh ?

La knaffeh se déguste très bien avec :

- un café syrien à la cardamome ;

- un café amer selon les traditions ;

- un thé vert à la menthe ;

- un thé à la fleur d’oranger ;

- un hibiscus à la rose ;

- des pistaches ;

- d’autres douceurs orientales en petite quantité.

Elle peut aussi répondre aux baklavas et pâtisseries feuilletées) sur une table de desserts : l’un apporte le croustillant feuilleté, l’autre apporte le fromage, la crème ou la chaleur du service.

Elle peut aussi s’intégrer dans une table de desserts après un repas généreux, mais il faut doser. Après mezzés froids et chauds, grillades, plats mijotés et pain, une part de knaffeh très généreuse peut transformer un convive joyeux en meuble silencieux.

Ce que la knaffeh apporte dans l’assiette

La knaffeh apporte du fondant, du croustillant, du sirop, du parfum et souvent du fromage ou de la crème. C’est un dessert riche. Là encore, inutile de le déguiser en dessert léger. La knaffeh ne demande pas à être légère. Elle demande à être bien faite.

Le fromage donne la texture et la chaleur. La pâte ou la semoule donne la structure. Le sirop apporte le parfum et la douceur. Les pistaches apportent le contraste. Tout repose sur l’équilibre : trop de sirop, c’est lourd ; pas assez, c’est sec ; fromage trop salé, c’est étrange ; fromage trop fade, c’est triste.

C’est pour cela que la recette paraît simple seulement quand on n’a pas encore commencé.

Recette maison de knaffeh au fromage

Cette recette est volontairement exigeante. Elle montre surtout pourquoi il vaut mieux confier ce dessert à quelqu’un qui sait ce qu’il fait, ou accepter quelques essais.

Ingrédients pour 6 personnes

- 500 g de pâte kadaïf ou cheveux d’ange ;

- 250 g de beurre fondu ou samné ;

- 500 g de fromage doux adapté, dessalé si nécessaire ;

- 100 g de mozzarella peut aider en adaptation maison, mais ce n’est pas une solution parfaite ;

- pistaches concassées.

Pour le sirop :

- 250 g de sucre ;

- 150 ml d’eau ;

- un filet de citron ;

- eau de fleur d’oranger ou eau de rose selon goût.

Étapes

1. Préparer le sirop et le laisser tiédir.

2. Dessaler le fromage si nécessaire, puis bien l’égoutter.

3. Hacher ou détendre la pâte kadaïf.

4. La mélanger avec le beurre fondu.

5. Disposer une couche de pâte dans un moule.

6. Ajouter le fromage en couche régulière.

7. Recouvrir ou non selon la version choisie.

8. Cuire doucement jusqu’à ce que la base soit dorée et le fromage fondu.

9. Retourner si la version le demande, ou servir directement selon méthode.

10. Arroser de sirop.

11. Ajouter les pistaches.

12. Servir chaud ou tiède.

### Points de vigilance

- Le fromage doit fondre sans rendre trop d’eau.

- La pâte doit dorer sans brûler.

- Le sirop doit parfumer, pas noyer.

- Le dessert doit être servi au bon moment.

- La première tentative peut être très bonne, très étrange, ou les deux. C’est normal.

Pour une demande spéciale chez L’Orient des Délices

La knaffeh n’est pas un dessert permanent à la carte de L’Orient des Délices. Nos desserts et douceurs varient selon les préparations, les arrivages et l’organisation. Vous pouvez consulter notre carte pour les desserts disponibles, comme les douceurs maison, cafés gourmands, thé gourmand ou hibiscus à la rose gourmand.

Pour une grande table, un brunch oriental, un événement ou une demande particulière autour d’un dessert oriental, le plus simple est de nous contacter. Selon le délai, les quantités et la disponibilité, nous pourrons voir ce qui est possible. Pour un événement plus large, elle peut aussi s’inscrire dans une réflexion traiteur, à condition de bien anticiper le service chaud ou tiède.

La knaffeh est un dessert généreux, un peu spectaculaire, franchement technique. C’est exactement le genre de dessert qui rappelle une règle simple : parfois, le meilleur ingrédient, c’est d’avoir prévenu assez tôt.

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Baklavas et variantes : la grande famille des pâtisseries feuilletées orientales